Face à une série de réformes destructrices pour les agents de la Sécurité sociale et les assurés, une mobilisation aura lieu, mardi 3 décembre, devant la CPAM du Cher. Les sujets d’inquiétude sont nombreux : une réforme de la classification injuste, le déploiement chaotique du logiciel Arpège, et la disparition programmée du Service Médical (SCM). Revenons sur ces enjeux essentiels et les revendications portées par les agents.
Une réforme de la classification imposée par une minorité
Le projet de classification, signé par la CFDT qui ne représente que 30% des salariés, est dénoncé par une majorité de salariés comme étant injuste et méprisant. Elle abandonne les agents expérimentés, ne prévoit qu’une augmentation dérisoire de 23 euros bruts par mois pour prêt de 70% d’entre-eux, et maintient un budget insignifiant de 153 millions d’euros pour toutes les branches, ce qui représente 2,5% de la masse salariale ! Pire, le rehaussement des coefficients serait
financé par les agents, qui perdraient les points d’avancement chèrement acquis.
Ce projet menace également de transformer leurs métiers : l’avancement serait désormais lié aux activités confiées, et non à leurs compétences, diplômes ou expériences. Une réforme qui s’inscrit dans une logique où le paiement à la tâche remplacerait la reconnaissance de la valeur humaine du travail.
Un système salarial à bout de souffle
La stagnation de la valeur du point, gelée depuis plus de 10 ans, aggrave encore la précarité des agents. Alors que le SMIC a progressé de 53% en 20 ans, la valeur du point n’a augmenté que de 11%. Plus de 30% des salariés touchent la prime d’activité et d’autres sont contraints à une double activité. Les agents revendiquent une revalorisation immédiate de la valeur du point et son indexation sur l’inflation, afin de protéger leur pouvoir d’achat.
Arpège : un automate qui menace les emplois et les assurés
Le logiciel Arpège, chargé d’automatiser la liquidation des indemnités journalières, est déjà déployé dans les CPAM de Vendée et de Loire-Atlantique. Le bilan est accablant :
Au-delà des problèmes techniques, Arpège s’inscrit dans une logique de suppression massive des emplois. La direction de la Sécurité sociale affiche un objectif glaçant : éliminer 80% des postes liés à la liquidation des indemnités journalières.
Nous exigeons le retrait pur et simple d’Arpège, ainsi que le maintien des emplois humains, garants de la qualité et de l’humanité du service public.
Plus d’informations : CGT, Le Monde, FNPOS-CGT, 20 minutes, question au gouvernement
Le Service Médical : une disparition programmée en 2025
Historiquement séparé des caisses primaires, le Service Médical (SCM) garantit la nature médicale des décisions de l’Assurance Maladie et l’efficience du secret médical. Pourtant, la CNAM prévoit de fusionner le SCM dans les CPAM, avec le soutien de la CFDT et du Sénat via le PLFSS 2025.
Les conséquences seraient désastreuses :
Au-delà des problèmes techniques, Arpège s’inscrit dans une logique de suppression massive des emplois. La direction de la Sécurité sociale affiche un objectif glaçant : éliminer 80% des postes liés à la liquidation des indemnités journalières.
Les revendications des agents mobilisés
Face à ces menaces, la CGT CPAM du Cher formule des exigences claires :
Pour une Sécurité sociale au service des assurés et des agents
La CGT réaffirme son attachement aux valeurs fondatrices du régime général de Sécurité sociale, inspiré en 1946 par le Conseil National de la Résistance. Alors que ce pilier de la solidarité est menacé par des réformes imposées via le 49.3, nous rappelons que la Sécurité sociale s’est construite dans la lutte, et qu’elle ne pourra se défendre que dans l’unité et par la mobilisation des travailleurs.


